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768 - Ce siècle de minables

J'observe depuis un certain nombre d'années un phénomène qui ne cesse de s'amplifier dans la publicité télévisée, laquelle est le reflet le plus direct de la société, l'écho cru et éloquent de la France moyenne, le révélateur fidèle et durable des aspirations du tout-venant : les "héros" masculins en quête de bonheur fromager, bancaire, cosmétique ou automobile sont tous des incarnations stéréotypées du pauvre type, du citoyen minable, du mâle médiocre.

Le consommateur de base est censé s'identifier farouchement à ces représentants de la gent masculine sur la voie de la déchéance. Et ça marche ! Le minus fondamental se sent rassuré en voyant à travers des spots publicitaires d'autres minus primaires de son espèce. Les publicistes l'ont bien compris : il ne faut pas heurter l'acheteur, il faut le caresser dans le sens de sa bedaine, le conforter dans sa petitesse afin qu'il se sente à l'aise avec ses pairs, et même, comble de la perversité consumériste, qu'il soit fier de son insignifiance !

Ainsi les films publicitaires télévisés sont peuplés de petits Sancho en quête de chaussettes, de piètres Dupont béats d'admiration devant leur cuvette de WC, de frileux épargnants avec des charentaises dans le coeur, d'imbéciles pères de famille hilares face à leur écran plasma...

L'offense faite à homme, l'indignité avec laquelle il est représenté dans ces publicités sont tellement quotidiennes et si bien entrées dans les moeurs que nul ne s'en offusque. L'homme à travers la publicité est devenu un âne, pitoyable client-pantin des grandes enseignes, un crétin heureux de son sort, un abruti total, un parfait vermisseau sans pensée, sans gloire, sans destin, sans plus rien de ce qui fait sa grandeur de bipède éclairé. Depuis ce miroir contemporain que constitue la publicité, l'homme n'est plus qu'une pauvre chandelle morte. Pire : l'indolent réceptacle de la vulgarité du siècle.

Bref, la publicité -qui tire tout vers le bas- pour fonctionner aujourd'hui et tourner à plein régime a de plus en plus recours au procédé miracle consistant à mettre en scène les figures variées et navrantes de l'universel pauvre type.

Ce qui est éminemment dans l'air du temps.

7 commentaires:

Naturellementvotre a dit…

L'existence même de la pub me parait bizarre, pourquoi aurions-nous besoin d'un guide dans l'immensité des articles proposés qui viennent s'immiscer vilement dans le réceptacle de nos vie?
Sachant en plus, que la majorité est mensongère...

Naturellementvotre a dit…

L'argent! C'est l'argent j'ai trouvé!
Eureka!

Marie l'Ange a dit…

Votre sujet, monsieur, m'a intéressée car je suis une téléspectatrice assidue.
Ce que j'évite de louper devant mon poste adoré de télévision sont les publicités joueuses de télé-réalité . Ha ! j'adorai: Loft story, Greg le millionnaire, l'île de la tentation, star machin, accadémie truc, etc.
Je me demande encore pourquoi ces émissions culturelles récoltent tant de hués des téléspectateurs. Tous milieux confondus... Aucun ne se reconnaît dans le rôle du héros ou de l'héroïne. Incroyable non !
La publicité se trompe de cible ? Quel art ignare !
N'étant, avec mon grand âge, plus désireuse de me faire montrer du doigt au vu mes petites faiblesses télévisuelles, je me consacre désormais aux dessins animés: Les mangas tout particulièrement
Faut mourir avec son temps

Marie l'Ange

Porto William de Saint Nivel a dit…

Ouiiiiiiiiii!!!!!!
Trés bien !

Amicalement

Benco a dit…

les "héros" masculins en quête de bonheur fromager, bancaire, cosmétique ou automobile sont tous des incarnations stéréotypées du pauvre type, du citoyen minable, du mâle médiocre.

Que de fautes !bonheur dans votre article prend un S
benco

Raphaël Zacharie de Izarra a dit…

Benco,

Voici ce que dit le dictionnaire à ce propos. Pas simple !


1. Lorsque les sujets joints par ou sont de la même personne, le verbe se met au singulier ou au pluriel, selon que l'idée de disjonction ou l'idée de coordination l'emporte. La douceur ou la violence en viendra à bout (Académie). Le père ou la mère aura la garde de l'enfant. La peur ou la misère ont fait commettre bien des fautes (Académie). Écrire un livre (cit. 18) ou écrire un ouvrage sont deux choses. - REM. Le singulier s'impose généralement si ou est répété devant chaque sujet : ou l'amour, ou la haine en est cause (Académie), ou bien si ou est renforcé par plutôt, même, etc. -

2. «Lorsque les sujets joints par ou... ne sont pas de la même personne, on met le verbe au pluriel et à la personne qui a la priorité» (Grevisse, le Bon Usage, § 828, b); et l'on reprend généralement les sujets substantifs par un pronom personnel qui régit l'accord en nombre et en personne. Vous ou moi, nous ferons telle chose (Académie). «Le roi, l'âne, ou moi, nous mourrons» (La Fontaine, Fables, VI, 19). - L'absence de reprise par un pronom est stylistique (langage écrit et soutenu). «Vous ou moi pourrons y aller.»

3. La préposition qui suit ou se repète généralement devant chacun des termes joints par ou, notamment quand il importe de souligner la disjonction ou l'opposition. Dans la Chartreuse ou dans le Rouge et le Noir (- Livrer, cit. 23). Quand il a besoin de défendre sa vie ou d'attaquer (cit. 15) celle d'autrui. Cette répétition ne se faisait pas toujours au XVIIe s. (- ci-dessous, cit. Corneille). De se répète nécessairement dans le tour «qui (lequel) de... ou de...». - La préposition ne se répète pas quand ou coordonne deux numéraux : Il viendra avec deux ou trois de ses amis.

Anonymous a dit…

Vous avez une verge puissante!
Quel calamité ces calamies!